Séminaire

Not Cool. Architecture, canicules et limites planétaires. Séminaire du 2 octobre 2026

25 septembre 2026

À partir des pratiques bioclimatiques dans l’art d'habiter, cette conférence examinera comment l’attention portée aux gestes quotidiens, particulièrement aux marges du confort — par exemple lors d’une canicule —, peut nous aider à surmonter notre aveuglement aux réalités énergétiques. Je montrerai comment ces pratiques peuvent nous rendre sensibles aux transferts d’énergie et à leurs externalités, et nous permettre de mieux saisir l’utilité de notions telles que l’inertie et les seuils d’irréversibilité. Par une approche autant transcalaire qu’interdisciplinaire, reliant écoféminisme, architecture, et thermodynamique non linéaire, je défendrai la priorité de l’atténuation sur l’adaptation en examinant la portée de notre capacité d’action individuelle et collective. 

Tout comme le dépassement de la biocapacité terrestre compromet sa régénération, celui de notre « praxicapacité » réduit nos possibilités d’action futures. La préserver, c’est maintenir notre pouvoir (individuel et/ou collectif) de transformer nos conditions d’existence à l’échelle de territoires dont notre compréhension définit l’étendue, afin de les habiter ensemble sans excéder leurs ressources énergétiques ni en reporter les coûts sur d’autres systèmes. Je situerai cette compréhension à la croisée de l’expérience physique et du savoir abstrait. 

En croisant connaissances écologiques traditionnelles (Winona LaDuke, Robin Wall Kimmerer), valeurs vernaculaires et espaces de résistance (Ivan Illich, bell hooks) et pensée systémique (Donella Meadows, Immanuel Wallerstein), nous aborderons l’environnement bâti comme une infrastructure à forte inertie, susceptible aussi bien d’accentuer les ruptures métaboliques que de réguler les flux énergétiques au service du bien-être social et climatique, selon la manière dont nous le comprenons et l’habitons.

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