Jean Claracq, Landscape with the temptation, 2019, Huile sur toile / diam 25cm / 30,5 x 33,5 cm

Capitalisme, climat, effondrement : figures d’une dépolitisation 

par Maxime Chédin

Face au ravage du monde, devenu celui de notre quotidien, une part du système de croyances de la modernité (progrès, maîtrise technique, exploitation rationnelle de la nature) se fissure, perd sa puissance d'aimantation idéologique. On n'y croit plus, ou de moins en moins, et ce pouvoir de dessillement que porte le concept d'effondrement est une arme de transformation politique. D'un autre côté cependant, nous - celles et ceux qui ne peuvent rien en faire - refoulons et débranchons autant que possible les sirènes d'alarme des « points de bascule » du système-Terre ou les perspectives d'effondrement systémique des sociétés riches. Le récit du dérèglement inéluctable des « tableaux de bord du système-Terre » génère un tel sentiment d'impuissance politique, qu'il est tout aussi susceptible de nourrir, à l'inverse, une réadhésion et une aggravation de la dynamique du libéralisme autoritaire : désir de prise en charge de la crise par des états d'exception généralisés, alliant rationnements autoritaires et techno-solutionnisme. Nous ne disposons pas à présent des moyens politiques d'agir à la hauteur de ce que nous savons de la catastrophe climatique – ce qui ne signifie aucunement que notre marge d'action soit inexistante. Cette contribution examine les manières dont les pensées aujourd'hui très hétérogènes qui se réclament de l'écologie (écologie gouvernementale, collapsologie, écologie du vivant ou des « non-humains », écologie sociale, anticapitaliste) prennent en charge cette question des obstacles à la transformation écologique d'une société.

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