Du choc au pic
Par Yves Cochet

26 avril 2026

Le détroit d’Ormuz et le pic de Hubbert ont la même forme : celle d’une courbe en cloche. Quand un bateau veut quitter le Golfe persique pour se rendre dans la mer d’Oman, il commence par monter vers le nord-est, puis atteint son maximum nordique devant l’île d’Ormuz, enfin redescend sud-est. Le pic de Hubbert est celui d’une courbe qui représente la production mondiale de pétrole, année après année, depuis 1900 jusqu’à 2100. Partant de presque zéro en 1900, la courbe monte jusqu’à son pic avant 2030 – ce pic sera plutôt un plateau ondulant autour de 105 millions de barils par jour – puis elle redescendra de quelques pourcents par an, jusqu’à presque zéro en 2100. Cette coïncidence morphologique en cloche n’est qu’un prétexte visuel pour rapprocher le choc pétrolier de ce printemps 2026, géopolitique et financier, et la décroissance géologique inéluctable de l’extraction de pétrole par épuisement des réserves exploitables. L’originalité de ces deux évènements est leur quasi-simultanéité, tandis qu’à l’époque des deux premiers chocs pétroliers - 1973 et 1979 - personne ne prévoyait le pic pétrolier mondial pour les années suivantes. Lire la suite

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