Séminaire

L'effondrement et la guerre

19 juin 2015

Cette réflexion sur la relation entre guerre et effondrement s’ancrera dans le travail mené par Pablo Servigne et Raphaël Stevens et se développera autour de plusieurs axes inspirés de la philosophie politique.

1-Platon 

Le spectre ambigu de la sédition (stasis) comme effet nécessaire de fragilités endogènes à la cité et l’enjeu du bon mode de gouvernement.

2-Saint Augustin 

Guerre (« sac de Rome » en 410), déclin de l’empire romain et mise en accusation du christianisme : pensée théologique du dépassement d’un ordre politique condamné à dépérir. 

3-Hobbes et Kant

Effets pervers moins de la guerre que de « l’état (prolongé) de guerre » sur les dispositions humaines à la moralité ; l’enjeu du droit et de la paix civile et le problème de l’absence d’Etat de droit.

4- Rousseau et Marx

Guerre, énergie et esclavage : les guerres d’esclavage visant à conquérir une énergie humaine (travail) peuvent-elles prendre prétexte de l’urgence écologique ? Comment éviter l’accélération de la déprédation des ressources humaines ? Comment organiser le travail sans l’outil ou l’obstacle de la guerre et de la violence ?

6- Foucault

Guerres et violences « biopolitiques » : quand la protection de la vie (d’une prétendue race notamment) veut justifier la mise à mort. Comment éviter la perversion douce du « faire mourir » en « laisser mourir » ?

7- Jonas 

Eviter un scénario à la Huxley où la pacification-stabilisation déshumanisante de la société serait la face inverse mais symétrique de la guerre ; enjeu métaphysique de sauvegarder « l’existence » mais aussi « l’essence » de l’humanité.

Ce parcours dans l’histoire de la philosophie cherche à prendre en charge le spectre de la guerre, associé à la perspective d’un “effondrement systémique global”, moins comme fiction ou paranoïa hollywoodiennes que comme problème constant et multiforme de l’histoire et de la pensée politiques.